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Les deux geckos endémiques menacés

CLICANOO.COM | Publié le 30 octobre 2008

Le gecko vert des Hauts (Phelsuma borbonica) et le gecko vert de Manapany (Phelsuma inexpectata) sont les derniers reptiles endémiques de l’île, protégés par un arrêté ministériel de 1989.

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De ce fait, sont strictement interdits la destruction ou l’enlèvement des œufs, la destruction, la capture ou l’enlèvement ainsi que la naturalisation des spécimens, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation et leur commerce. Ce sont de petits geckos diurnes, vivant dans les arbres, où ils trouvent tout à la fois refuge, sites de ponte et nourriture. Ils affectionnent particulièrement les vacoas, mais aussi les lataniers et autres palmiers. Le gecko vert de Manapany prospère essentiellement sur le vacoa des Bas (Pandanus utilis), tandis que le gecko vert des Hauts s’établit préférentiellement sur les vacoas des Hauts ou pimpins (Pandanus montanus, sylvestris et purpurescens). Ces arbres ont la particularité de former des creux à l’aisselle des feuilles, où s’accumule de l’eau. Ces réservoirs, outre qu’ils procurent de l’eau de boisson aux lézards, leur offrent également de la nourriture en piégeant les insectes. Le gecko vert des Hauts se répartit sur toute la côte Est, à moyenne altitude, hormis dans l’enclos du volcan. Sa survie est étroitement liée à la préservation de son habitat, notamment les fourrés à Pandanus de moyenne altitude. Le statut du Gecko vert de Manapany est bien plus précaire. Son aire de répartition est extrêmement limitée, s’étendant sur une zone littorale de 5 km2 seulement sur les communes de Petite-Île et de Saint-Joseph. Dans cette zone restreinte et fortement urbanisée, la question de la conservation du gecko vert de Manapany se pose avec acuité. Une première étude, datant de 1995, en avait recensé 36 populations.

Des mesures à prendre d’urgence

Une nouvelle étude menée cette année par Mickaël Sanchez, alors étudiant en master 2 de biologie des écosystèmes tropicaux à l’Université de La Réunion, a incontestablement mis en évidence le déclin des populations de gecko de Manapany : sur les 36 populations recensées en 1995, 16 avaient disparu, dont 15 en milieu urbain. Même si douze populations ont été nouvellement recensées, cette étude montre l’extrême vulnérabilité des gecko de Manapany en milieu urbain. “Les effectifs sont tellement réduits que parfois le passage d’un cyclone ou un épandage de produits phytosanitaires suffisent à faire disparaître une population”, s’inquiète Mickaël Sanchez. Les populations sauvages ne sont pas à l’abri non plus : leur habitat est fortement menacé par les espèces envahissantes, notamment le faux poivrier (ou baie rose) qui prospère dans la région. “La présence de quelques reliquats de populations en falaises maritimes du sud-ouest de l’île laisse présager qu’autrefois, le gecko de Manapany occupait une niche écologique beaucoup plus vaste, probablement sur toute la côte ouest jusqu’à 400 mètres d’altitude, observe Mickaël Sanchez. Mais la destruction de ces milieux a conduit à une réduction drastique des populations”. Par ailleurs, les geckos verts endémiques doivent faire face à de nombreux prédateurs introduits : les chats et les rats, la couleuvre loup, les agames, le grand gecko vert malgache. L’introduction récente d’autres espèces de geckos verts constitue une menace supplémentaire de par la compétition qu’ils exercent vis-à-vis des ressources alimentaires et de l’occupation du milieu. Mickaël Sanchez tire la sonnette d’alarme : “Si rien n’est fait pour le protéger, le gecko vert de Manapany va disparaître. Et cette fois, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas…” Afin de tout mettre en œuvre pour protéger cette espèce, il a fondé, avec d’autres collègues naturalistes concernés par la problématique, l’association Nature Océan Indien (lire par ailleurs).

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